Psychiatrie de l'âge avancé 


42 personnes habitent le service de Psychiatrie de l’Age avancé aussi appelé «  Symphonie »

Dans la situation de personnes atteintes de démence, le processus de prise en soin peut durer plusieurs années. Les soins globaux sont effectués dans la perspective du bien-être et de l’autonomie tout comme en gériatrie.

Il est particulièrement important que des décisions parfois difficiles soient discutées en équipe interdisciplinaire, si possible avec le résident et surtout avec ses proches. La compréhension et l’adhésion de toutes les personnes impliquées doivent être visées afin d’éviter colères et souffrances inutiles.

Il est inévitable que dans un tel contexte des conflits de valeurs apparaissent. Ils seront discutés pour trouver une réponse acceptable pour l'habitant. Sinon, une réflexion à l'aide d'une méthode de résolution de problème éthique sera menée.

Les personnes atteintes de démence présentent des troubles cognitifs divers et variés en fonction de la pathologie sous-jacente, de la personnalité et de l’histoire de vie.

Les troubles cognitifs s’accompagnent le plus souvent de comportements inhabituels facilement perçus comme dérangeants et de symptômes psychiatriques appelés SCPD (symptômes comportementaux et psychiatriques de la démence).

Parfois ces SCPD sont inhérents à la maladie. Ils engendrent très souvent une réaction de la personne malade à un environnement humain et structurel inapproprié. Les personnes atteintes de démence souffrent fréquemment d’ennui suite à une sous-stimulation ou, au contraire, se sentent agressées par une sur – stimulation ou une stimulation non comprise.

Dès lors il est important:

  • d'identifier si un comportement est en lien avec une dépression, de la douleur, un trouble sensoriel ou un simple inconfort physique qui peut être traité ou corrigé
  • d'établir un profil exact des compétences restantes de la personne, de les solliciter et de les valoriser
  • de créer un environnement adapté et sécurisé qui permet un maximum de liberté de circulation
  • d'éviter de projeter les besoins, désirs, peurs et toute autre émotion des proches et/ou du personnel soignant sur les résidents malades.

Le service de PAA répond à ces exigences par une panoplie d’outils d’évaluation et de soins appropriés issus de la méthodologie de l’Humanitude. Grâce également, à la formation permanante de son personnel soignant, de l'exploration systématique des résultats de recherches médicales et des sciences infirmières, nous proposons une grande palette d'animations et de soins adaptés aux besoins spécifiques des habitants.

En effet Held & Fünfschiling ont mis en évidence que les besoins des personnes atteintes de démence varient fortement en fonction de l’évolution de leur maladie. Ils identifient trois stades nécessitant des offres en soins et en hébergement spécifiques.

Au sein du service de psychiatrie de l’âge avancé nous rencontrons des personnes au deuxième et troisième stade de la maladie:

L’univers de l’absence de buts :

Deuxième phase : la personne a besoin d’aide pour la majorité des actes de la vie quotidienne. Le maintien à domicile devient difficile notamment en lien avec l’apparition de l’incontinence. Le sens de la propriété et de la sphère privée se perd. Beaucoup de personnes à ce stade ont peur d’être seules. En PAA, les habitants bénéficient jour et nuit d’une grande liberté de mouvement y compris dans les chambres des voisins si ceux-ci l’acceptent. Des portes de chambres ouvertes, surtout la nuit, peuvent être un facteur d’apaisement important. L’environnement est aménagé de façon à ce que les personnes puissent circuler librement avec un minimum de contraintes et un maximum de sécurité. On trouve le minimum de barrières architecturales. Parmi les problèmes majeurs rencontrés à ce stade se trouvent l’ennui dû à une sous-stimulation, le stress lié à une sur-stimulation et l’amaigrissement. Il est important que la personne bénéficie d’une stimulation individualisée et adaptée pour réaliser des activités seules ou pour participer à des activités collectives qui aient un sens pour elle, qui lui font plaisir et qu’elle peut réussir.

Pour prévenir une perte de poids trop importante, notamment lorsque la personne marche beaucoup, il est nécessaire de proposer des collations entre les repas ou mieux, de mettre à disposition des choses à grignoter en permanence.

Au sein du service de PAA, ces personnes bénéficient d’un projet de soin et d’accompagnement individualisé et d’une présence vraie selon le concept de l’Humanitude.

L’univers de l’absence de protection :

Dans la dernière phase de la démence, les personnes sont souvent alitées ou installées en fauteuil relax. Elles ne sont plus capables de prendre l’initiative de la communication ou du contact mais répondent à des sollicitations. Elles souffrent régulièrement de douleurs liées à une importante spasticité musculaire et de contracture ainsi que de troubles de déglutition. La verticalisation, qui est un des principes de l’Humanitude, devient difficile et ajoute inutilement de la douleur. Outre des complications liées à leur état physique, le risque majeur à ce stade est une privation sensorielle accompagnée d’isolement ou au contraire une sur-stimulation et un envahissement sensoriel auxquels elles sont soumises sans pouvoir s’en détourner.

Les principes et techniques de l’Humanitude, notamment la présence vraie, trouvent tout leur sens.

Au sein du service de PAA, chaque approche relationnelle, chaque acte de soin est empreint des techniques de l’Humanitude. Chaque soin est reporté si l’habitant ne l’accepte pas sur l’instant. Le personnel est formé de manière à adapter son accompagnement et sa prise en soin à chaque instant de la journée et de la nuit en fonction du comportement et de l’envie des habitants. Les professionnels offrent une disponibilité, une écoute et une réactivité décrite comme une présence vraie. Les professionnels ont développé une communication non verbale, ils préservent les sollicitations sensorielles adaptées et promeuvent le maintien et l’accompagnement des mouvements résiduels. Le plan de soin est souple et non standardisé, la prise en soin des troubles du comportement et la souffrance psychologique par des moyens non médicamenteux. La douleur est évaluée systématiquement afin d'élaborer un projet antalgique adapté. Le toucher, le regard, la parole sont professionnalisés et l’écoute des proches et de l’entourage des habitants est primordiale.

La qualité de vie des personnes atteintes de démence est d’autant plus élevée que l’environnement d’accueil est adapté aux individus plutôt que l’inverse.

La qualité de l’accompagnement est en corrélation avec la considération dont bénéficient les professionnels et les proches.

Edité le February 17, 2021
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